Giratoires : définition, marquage et géométrie de l'anneau

Ce que disent le Code de la route et les guides techniques sur la définition, le marquage et la géométrie des giratoires

Le giratoire est un aménagement courant, employé pour réduire la vitesse et le nombre de points de conflit dans un carrefour, en entrée d'agglomération, en zone 30 ou en centre-ville. Cet article rassemble ce que disent le Code de la route et les guides techniques de référence sur sa définition, le marquage de son anneau, ses dimensions usuelles, et l'accidentalité qui y est documentée.

Ce qu'est un giratoire, au sens du code de la route

Le Code de la route (article R.110-2, issu du décret du 6 septembre 1983) définit le carrefour giratoire comme une « place ou carrefour comportant un terre-plein central matériellement infranchissable, ceinturé par une chaussée mise à sens unique par la droite [...] et annoncé par une signalisation spécifique ». Le décret du 9 octobre 1995 a ajouté le cas du mini-giratoire, où ce terre-plein central peut être franchissable, « chevauché par les conducteurs lorsque l'encombrement de leur véhicule rend cette manœuvre indispensable ».

Sur le plan de la sécurité, le principe retenu par le guide technique de référence (Certu, Carrefours urbains — Guide, version mise à jour en 2010, chapitre 9) est de réduire les points de conflit entre véhicules : un carrefour en croix sans feux compte 16 points de conflit véhicule-véhicule, contre 4 pour un giratoire. L'anneau prioritaire à sens unique supprime les chocs frontaux, et la déflexion imposée aux trajectoires oblige à ralentir.

Le marquage de l'anneau

Le guide Certu de 2010 traite du marquage de voies concentriques dans l'anneau (chapitre 9.6.4, p. 132) :

« D'une façon générale, le marquage de voies concentriques dans l'anneau est inutile et gênant. Il empêche l'usager de suivre "naturellement" une trajectoire dont l'éloignement, par rapport au centre, varie progressivement en fonction de son approche de la sortie. Les difficultés dues à ce marquage s'accentuent quand le giratoire est petit, et provoquent une gêne totalement insupportable lorsqu'on arrive à des anneaux de 9 m de large avec des rayons extérieurs de moins de 20 m. »

Le guide indique aussi, dans le même chapitre : « Aucun marquage au sol délimitant l'anneau ne doit être effectué aux sorties du giratoire » et, pour les mini-giratoires, que l'îlot central « ne peut être ceinturé que par une bande discontinue ».

La fiche Cerema n° 24 « Les carrefours giratoires urbains » (établie en 2010, révisée en 2025) reprend cette position en termes plus courts : « le marquage de voies sur l'anneau est à éviter » (§7, Signalisation) et « aucun marquage sur l'anneau n'est utile » (§10.3). Le Cerema confirme par ailleurs que ce guide de 2010 reste la référence de base pour la conception des giratoires urbains ; les publications plus récentes (fiches sur les cyclistes, les doubles giratoires, les giratoires-tramways) le complètent sur des points précis, elles ne le remplacent pas.

Une hypothèse a été avancée sur l'origine de ce marquage lorsqu'il subsiste malgré tout sur des giratoires de taille courante : elle l'attribue à une confusion, dans les années 1970-1980, entre le tracé d'implantation (l'axe de la chaussée, dessiné en trait mixte pour le géomètre) et le marquage définitif au sol. Cette hypothèse est documentée par l'ingénieur routier Jacques Marie Robin, expert en accidentologie, qui a dirigé au Certu le département Sécurité, voirie, espace public, dans son dossier Les aménagements et mesures pour modérer la vitesse et améliorer la sécurité en agglomération. Elle reste toutefois sa propre lecture : ni le guide Certu ni la fiche Cerema ne mentionnent cette origine historique.

La géométrie de l'anneau : tailles et largeurs

Le guide Certu fixe des largeurs d'anneau usuelles supérieures à celle d'une voie de circulation simple : de 6 à 9,50 m pour les mini-giratoires, de 6 à 7 m pour les giratoires compacts — deux catégories explicitement définies par une seule voie d'entrée et de sortie par branche — contre une largeur de voie de référence que le guide lui-même situe à 3,75 m.

Cette largeur ne sert pas à ménager une seconde file : le guide précise qu'« aucune surlargeur ou voie supplémentaire ne peut être admise sur l'anneau, car cela peut créer des défauts de lisibilité de trajectoire ou générer des entrecroisements dangereux ». Elle sert avant tout à absorber le rayon de giration des véhicules longs (bus, poids lourds), et doit rester uniforme sur toute la circonférence de l'anneau.

L'accidentalité en giratoire : cyclistes et deux-roues motorisés

Le guide Certu recense les situations de conflit les plus fréquentes entre véhicules motorisés et cyclistes en giratoire : les deux principales, liées à un refus de priorité par un véhicule qui entre ou qui sort de l'anneau, concernent à elles seules 60 % de ces accidents.

Pour les deux-roues motorisés, le guide note que leur taux d'implication dans un accident n'est pas plus élevé en giratoire que dans les autres types de carrefour, mais que les accidents s'y produisent souvent seuls, leur gravité étant aggravée par les bordures et le manque d'adhérence de la chaussée.

Sources